Tactique

tactique wm

Alors que le Metodo est un 2-3-2-3, le System est en 3-2-2-3 avec une symétrie axiale par rapport à la ligne du milieu de terrain; donc du point de vue schématique, l’emplacement des joueurs dessinait un ‘M’ surmonté d’un ‘W’. Et c’est sous la dénomination de « WM » que ce module, qui demandait moins de technicité que le Metodo, fut connu dans le reste de l’Europe d’abord, puis dans le reste monde.
Les différences entre System et Metodo pourraient sembler insignifiantes mais ce ne sont pas seulement les positions de quelques joueurs qui changent, c’est l’entière philosophie de jeu. Avec la généralisation du « WM » (sauf en Italie pendant une décennie supplémentaire), le marquage est devenu individuel et asphyxiant, le jeu s’en trouva fragmenté en une multitude de duels en un contre un. En stigmatisant, c’est une voie nouvelle vers un football plus agressif, moins technique et créatif, mais plus rapide et physique.

tactique football 4 3 3

Le 4-3-3 se décompose en deux variantes. D’un côté, le 4-3-3 avec une pointe haute et de l’autre le 4-3-3 avec une pointe basse. Le 4-3-3 avec une pointe basse est une formation avec quatre défenseurs (deux centraux et deux latéraux); un milieu central bas, qui évolue souvent dans un rôle de sentinelle jouant devant la défense avec pour mission d’organiser la première relance et le jeu, deux milieux dits pistons capables de se projeter vers l’avant et faire le lien vers les trois attaquants (deux ailiers et un avant-centre). Cette configuration exige des milieux de terrain polyvalents (capables de défendre et d’attaquer efficacement). Cette formation permet généralement un meilleur contrôle et un meilleur équilibre car les milieux de terrain se retrouvent en plein dans le cœur du jeu. Ce système est flexible car il peut se transformer en 4-4-2 si un des ailiers s’intercalent entre les deux milieux pistons et que l’autre ailier vient prêter main forte à l’attaquant central ou carrément en 4-1-4-1 en phase offnsive, quand les deux milieux pistons évoluent très haut à la récupération du ballon, en phase défensive quand les deux ailiers reviennent au niveau des milieux pistons pour presser les latéraux adverses.
Le 4-3-3 avec une pointe haute, ressemble à 4-2-3-1 puisque nous avons deux milieux reculés, devant assurer l’équilibre de l’équipe, un milieu axial devant organiser le jeu, deux ailiers et un avant-centre. La différence se situe au niveau défensif, où le premier rideau est constitué de trois joueurs devant le plus souvent bloquer l’axe, quand les milieux les plus excentrés sont charger de défendre les côtés. Dans un 4-3-3 à pointe haute, les attaquants sont moins mis à contribution pour défendre leur laissant l’énergie nécessaire pour faire la différence en phase offensive.

tactique football 4 4 2

Le 4-4-2 à plat est le système souple par excellence car on peut l’adapter et le manier de différentes façons. C’est un système qui favorise l’équilibre d’une équipe tout en permettant une transition plus rapide entre défense et attaque à la récupération du ballon. Le 4-4-2 permet à la fois une bonne couverture de terrain en défense avec les fameuses deux lignes de quatre mais donc aussi de se projeter rapidement vers l’avant. Selon les ajustements de chaque entraîneur, il peut facilement se modeler en 4-2-3-1, 4-2-4, 4-1-4-1 ou 4-3-1-2 car la base est pratiquement la même entre ses diverses organisations.
Le 4-4-2 permet d’associer différents profils d’attaquant (de surface, de soutien, d’espace aimant la profondeur, etc.). Ce sera à l’entraîneur de trouver la combinaison parfaite et la complémentarité entre les deux attaquants. Les milieux excentrés jouent un rôle primordial en phase défensive car ils doivent impérativement empêcher les latéraux adverses de briser le premier rideau défensif ou de renverser le jeu en diagonale. À noter l’influence des milieux centraux car ils coordonnent le mouvement du bloc équipe en prêtant main forte aux milieux excentrés par exemple. Ils jouent un rôle prépondérant dans la récupération du ballon et dans la conservation en phase offensive.

tactique football 4-2-3-1

A l’origine des systèmes on retrouve chronologiquement le 4-2-4, le 3-5-2, le 4-3-3 puis le 4-4-2. Chaque système correspond à une époque précise et donc une approche en football tactique différente. A chaque changement, évolution, il y a eu des hommes qui se sont creusés la tête pour découvrir une nouvelle manière de bouger sur le terrain, de créer une animation.
Le 4-5-1 fait son apparition dans les années 90, il est en fait un dérivé à la fois du 4-4-2 et du 4-3-3. Il se veut une assurance un peu plus défensive en descendant un des attaquants voir les deux. Employé pour couvrir un maximum le milieu de terrain et donc contrer un meneur de jeu qui serait maitre de la zone du milieu.
On le voit arriver sur les compétitions internationales notamment ou certaines équipes l’utilisant, veulent procéder en contre tout en gardant leur cage inviolée. Il devient ensuite totalement à la mode avec notamment la victoire en 98 de l’équipe de France puis devient la norme courant des années 2000 avec l’apogée des systèmes basés sur l’occupation du milieu de terrain. A l’image du Barça et de l’Espagne qui en feront même parfois des 5-5-0…

tactique football 3-5-2

Le 3-5-2 a pour caractéristique de densifier la défense centrale (généralement composée de deux défenseurs centraux) et de créer le surnombre au milieu de terrain. Nous pouvons l’apercevoir notamment en phase défensive, c’est-à-dire au moment de récupérer et de relancer le ballon. L’enjeu d’une telle formation est de gagner la fameuse bataille dans la zone de construction en augmentant la capacité de l’équipe à récupérer le ballon loin de son but par la création d’un surnombre alimenté par deux latéraux avancés sur le terrain. Ces derniers viennent presser le porteur de balle de l’équipe adverse, souvent obligée de repasser dans l’axe pour construire une nouvelle attaque. Le principe est d’étouffer le joueur et de le contraindre à ressortir le ballon vers l’arrière. Dans ce cas, les deux attaquants prennent le relais pour harceler. L’« asphyxie » est mise en scène par le coulissement du bloc équipe côté ballon pour forcer l’adversaire, démuni de relance courte, à jouer long qui est plus compliqué à négocier.

tactique psg

« Il y a des équipes qui sont venues gagner au Camp Nou, mais toujours avec les mêmes composantes, analyse Emmanuel Petit. Un bloc relativement haut, extrêmement solidaire, des lignes compactes et très agressives sur le porteur du ballon, empêchant les premières transitions, faire un gros pressing sur les défenseurs pour les étouffer. Plus le ballon est loin et plus on essaye de couper la transition vers le trio offensif, plus on est sûr de ne pas donner le bâton pour se faire battre. Après, il y a aussi l’incertitude des génies. » Si la « MSN » est dans un grand soir, n’importe quelle stratégie peut en effet voler en éclats.
L’autre grosse inconnue qui pèsera dans l’équation que les Parisiens devront résoudre sur le terrain est le système dans lequel jouera le Barça. Dépassé à l’aller, le 4-3-3 a été troqué depuis trois matchs pour un 3-4-3 qui porte ses fruits, puisque les Catalans n’ont plus perdu depuis. Si Luis Enrique n’a voulu donner « aucune piste à l’adversaire » et a rappelé que son équipe pouvait jouer « dans une infinité de systèmes », ce mardi en conférence de presse, son onze pourrait ressembler à celui-là : Ter Stegen – Piqué, Umtiti, Alba (ou Mascherano) – Rakitic (ou Sergi Roberto), Busquets, Iniesta – Messi – Rafinha, Suarez, Neymar.

tactique barca

Jamais depuis son éclosion, les traits de Sergi Busquets n’ont semblé si tirés. Lessivé par l’effort parisien, chamboulé par l’ampleur de la débâcle, le dépositaire de l’ADN blaugrana n’élude pas les nombreux problèmes de son Barça une fois assis devant les journalistes : « Ils ont beaucoup pressé, ils ont été bons, meilleurs que nous à bien des égards. Ils avaient un plan… Nous nous attendions à autre chose. Cela sera très compliqué de renverser le score au retour. » Le constat, dramatique autant que limpide, n’empêche pas ses acolytes de se prendre à rêver d’une folle remontada, illusoire même pour les plus optimistes. Pour s’y atteler, Luis Enrique, en plus d’officialiser son départ en juin prochain, remodèle son onze et son système. Désormais, ses Culés évoluent dans un 3-4-3 qui n’est pas sans rappeler l’avènement de la dream team de Johan Cruyff ou les rares remontadas de Frank Rijkaard. Un changement payant, puisqu’en l’espace de quatre rencontres, ils empilent quinze buts et n’en concèdent que trois. Surtout, ils rendent à Sergio Busquets de sa superbe et à Lionel Messi sa liberté. Suffisant pour rêver ?



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